Cyberincidents géopolitiques au Canada: état des lieux 2025
Par Danny Gagné, Simon Hogue, Marie Lamensch, Laurence Michalski, Alexis Rapin, Fanny Tan, Charlotte Vincent et Frédérick Gagnon
Un rapport de l'Observatoire des conflits multidimensionnels de la Chaire Raoul-Dandurand | UQAM
Alors que ce début d’année 2025 consacre une actualité nord-américaine très chargée politiquement, l’espace numérique du Canada est de plus en plus marqué par les débats agitant gouvernements et opinions publiques au quotidien. En février dernier, on apprenait par exemple qu’Ottawa ordonnait au Centre de la sécurité des télécommunications — principale agence de cybersécurité canadienne — de déployer pour la première fois ses capacités cyber contre les acteurs transnationaux du trafic de stupéfiants. Réagissant manifestement aux pressions de l’administration Trump en matière de sécurité frontalière, les autorités canadiennes semblent désormais vouloir user de leurs outils de cybersurveillance (et potentiellement de cyberattaques) pour contrecarrer le trafic de fentanyl, l’un des sujets de tension actuels avec le voisin américain. Une démonstration de plus, s’il en fallait une, qu’il devient de plus en plus difficile de parler de politique sans parler de numérique au Canada.
C’est à ce lien, toujours plus étroit, qu’est consacré le rapport sur les cyberincidents géopolitiques au Canada, cinquième publication du genre produite par l’Observatoire des conflits multidimensionnels de la Chaire Raoul-Dandurand. Entre campagnes de cyberespionnage et opérations d’influence en ligne, le Canada demeure année après année une cible significative de la cyberconflictualité agitant l’espace numérique mondial. À ce titre, l’analyse réalisée dans ce rapport (sans prétendre à l’exhaustivité) a permis de recenser 11 cyberincidents à caractère géopolitique au Canada en 2024. Au total, le répertoire des cyberincidents canadiens de la Chaire Raoul-Dandurand, dont les données du présent rapport sont issues, dénombre aujourd’hui 125 cyberincidents géopolitiques ayant touché le Canada depuis 2010. Or, il ne s’agit là que des données provenant de sources ouvertes, qui ne reflètent donc qu’une fraction des activités numériques malveillantes ayant cours au pays.
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30 avril 2025En savoir plus







