États-Unis : le bon, la brute et le truand

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Par Élisabeth Vallet
Le Devoir

Il était tard et Pat était seule à la maison. Elle n’avait jamais aimé ça. Car dans le désert de Sonora, le soir, lorsque les Saguaro dessinent une armée d’ombres qui s’imprime sur les montagnes d’Arizona, la nuit s’anime, bruisse, chuinte, siffle, glisse, feule. Le désert revit. Ce soir-là, ça a cogné à la porte. Il y avait deux hommes. Sales. Patibulaires. Ils voulaient de l’eau. Elle leur en donne. Ils repartent. Après, elle a toujours eu un tuyau branché sur l’extérieur. Au cas où quelqu’un aurait soif. Parce que, ajoute-t-elle, même si on a peur, on ne refuse pas l’essentiel à quelqu’un qui en manque. Elle a raison : lorsque la peur supplante l’empathie, la société se noie.

14 juin 2019
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