Faire le mur

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Par Élisabeth Vallet
Le Devoir

On va se le dire une bonne fois pour toutes : un mur frontalier — ou une clôture — ne règle rien.

Sans allégeance politique, indépendamment de toute lecture partisane ou velléité électorale, les données sont là : un mur ne sert pas à enrayer les processus migratoires. Il les freine, les détourne, les enterre à grands frais. Mais il ne dissuade pas le passage. Et ne sécurise pas le territoire national.

Puisqu’il y a près de 70 murs construits ou en voie de construction dans le monde, avec plus de 40 000 kilomètres de frontières murées, le chercheur dispose des « laboratoires » nécessaires pour observer, décrypter, analyser l’efficacité de ces ouvrages frontaliers aux allures parfois pharaoniques. Les résultats qui ressortent d’études menées à Montréal en lien avec des groupes de recherche en Europe, aux États-Unis, en Inde, dans le Golfe ne sont pas appuyés sur le fantasme d’un monde ouvert prôné par des altermondialistes rêveurs. Ils sont concrets, tangibles. Ils se comptent en espèces sonnantes et trébuchantes — la ponction que les murs exercent sur les finances publiques —, en pertes d’emplois — tandis que les économies frontalières sont déstructurées — et en cadavres — ceux qui jonchent la frontière.

Le 4 mai 2018
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