La coordination humanitaire comme espace d’exclusion et d’affaiblissement des capacités locales ?

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Par Andréanne Martel
Revue Humanitaires en mouvement, 2012.

Les rencontres de coordination, souvent considérées comme des espaces strictement techniques et opérationnels, deviennent pourtant stratégiques en Haïti. La création de sous-groupes parallèles aux clusters, les Strategic advisor Group (SAG), témoigne de cette volonté de se réunir entre « acteurs opérationnels efficaces » afin de s’entendre sur des normes communes, d’établir les priorités et besoins des populations, et de mettre en place un cadre stratégique opérationnel. Ces objectifs sont certes louables dans un contexte où l’efficience est synonyme de sauver des victimes du choléra, de sortir des familles des camps et d’entamer la reconstruction. Toutefois, personne ne s’étonnera que la proximité ainsi créée entre les acteurs internationaux disposant d’importantes capacités et ressources facilite la création de pratiques et de savoirs communs. Cette situation accentue la division inclus/exclus entre acteurs locaux et internationaux. Surtout, elle maintient le fossé des connaissances entre ces derniers.

2012
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