L’usage des sanctions par la Francophonie : une pratique remise en cause par la « vague des coups d’État »
Par Aymeric Durez
Bulletin du Centre FrancoPaix en résolution des conflits et missions de paix | Vol. 11 no 6
À travers l’adoption de la Déclaration de Bamako en 2000, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) s’est dotée de capacités de sanctions politiques, conçues comme un instrument de défense de la démocratie et de respect des droits de l’Homme.
La multiplication des changements anticonstitutionnels de gouvernement depuis 2020 au sein de l’espace francophone, et en particulier au Sahel, a toutefois mis en évidence plusieurs limites de l’application de cet instrument, utilisé de manière non systématique et principalement mobilisé lors de ruptures de l’ordre constitutionnel au détriment des cas d’atteinte aux droits de l’Homme.
Pour y remédier, en 2024, l’OIF a adopté un nouveau mécanisme permettant de réexaminer régulièrement la situation des États sanctionnés et de privilégier des mesures graduées plutôt que des suspensions systématiques des États membres lors de ruptures de la démocratie.
Si cette adaptation n’a pas empêché le Burkina Faso, le Mali et le Niger de quitter l’organisation en 2025, elle traduit l’ouverture d’une réflexion et une volonté de préserver la capacité d’action de la Francophonie dans un contexte de multiplication des crises politiques.
Cette évolution vers une approche plus flexible ne remet pas en cause, à court terme, le principe même des sanctions consacrées par la Déclaration de Bamako, mais constitue un thème de discussion central à l’aube du XXe Sommet de la Francophonie prévu au mois de novembre 2026 au Cambodge et qui s’accompagne du scrutin pour le poste de secrétaire général de l’OIF.
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