Obama et l’Afghanistan: repenser la normalité des relations civilo-militaires

couverture_livre

Par Marilyne Choquette
Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques | UQAM

La sortie des mémoires de l’ancien secrétaire à la défense, Robert Gates, a fait l’objet de réactions vives et contradictoires dans les média américains, reflétant selon l’auteur la polarisation du paysage politique à Washington. Duty : Memoirs Of a Secretary At War est toutefois bien plus nuancé que ne le laissent paraître les extraits soigneusement choisis pour alimenter la controverse, malgré quelques commentaires bien sentis à l’égard des 43e et 44e présidents. Gates, en poste de 2006 à 2011, a effectué la transition entre les administrations Bush fils et Obama, lesquelles font l’objet de nombreuses critiques et réflexions a posteriori. Plusieurs, démocrates et républicains, ont questionné le moment choisi pour la sortie du livre, alors que Barack Obama a entamé son second mandat il y a tout juste un an. L’ancien secrétaire se montre en effet particulièrement incisif à l’égard de l’administration en place. Après avoir oeuvré sous les ordres de huit présidents différents, il affirme que la micro-gestion (micromanagement) caractéristique de l’équipe Obama sur les questions de sécurité nationale provoque une forme d’insularité à la Maison-Blanche et envenime le processus décisionnel. Il soutient que, depuis le règne du duo Nixon-Kissinger, jamais il n’a été témoin d’un tel niveau de centralisation de la prise de décision en politique étrangère.

Janvier 2014
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