Quelles politiques de sécurité pour l’après-guerre froide ?

couverture_livre

Par Jean-Jacques Roche
Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques | UQAM

Les approches de la sécurité sont intimement liées aux évolutions de la violence. Or, celle-ci a incontestablement mué depuis la fin de la guerre froide. De 1945 à 1989, le monde – et non pas seulement les spécialistes des questions de sécurité – a été obsédé par la question nucléaire. La peur de l’holocauste, encore très présente au début des années 80 quand on parlait en pleine campagne des Euromissiles d’hiver nucléaire et que l’on récusait la possibilité « d’une guerre limitée » à l’Europe, avait conduit à relativiser – voire à ignorer – les conflits qualifiés de « périphériques », lesquels étaient tôt ou tard rattachés au cadre Est-Ouest. Cette approche est aujourd’hui aisément critiquable ; elle s’expliquait néanmoins par le prisme d’une époque et par les nécessités de l’action politique. En effet, et cela depuis Clausewitz, face à toutes les manifestations de violence – la guerre réelle – les politiques ont choisi de se focaliser sur un type particulier de violence – les vraies guerres – qu’ils espéraient pouvoir contrôler. La démarche était doublement pragmatique puisqu’il s’agissait à la fois de séquencer les problèmes pour mieux les résoudre et de commencer à s’attaquer aux difficultés sur lesquelles on pouvait avoir prise.

Avril 2001
En savoir plus