La peste et l’argent

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Par Élisabeth Vallet
Le Devoir

Les bulldozers ne sont pas loin. À moins d’un kilomètre, une partie de la berge a déjà été rasée. Mais là, la nature conserve ses droits. Il y a partout des oiseaux rivalisant de gazouillis et de babils. Sur les pierres, étirés au soleil, des lézards gros comme des rats. Dans les terriers, il y a des serpents qui hibernent. Tout comme il y a dans les taillis un de ces ocelots, si timide qu’il faut parfois des semaines pour le voir, si vulnérable qu’il est en voie de disparition. Et le vent. La brise constante qui joue dans les branches des mesquites fait chanter l’herbe rude du delta. En contrebas, les eaux vertes du fleuve, indomptées et indomptables, marquent la frontière à leur gré, sans que les humains parviennent tout à fait à s’imposer. Elles définissent la plaine alluviale du Rio Grande, tout à la fois pluriséculaire et éphémère. Bienvenue dans la Rio Grande Valley au Texas… au coeur de l’état d’urgence.

9 mars 2019
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