La violence irakienne après la fin des opérations conventionnelles de 2003. Buts, fonctionnement et perspectives de l’insurrection en Irak

Par Nicolas Martin-Lalande
Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques | UQAM



Certes, parce que ses acteurs sont multiples, la nature de la violence irakienne quotidienne depuis 2003 ressort tout à la fois dans la guérilla, la rébellion, la résistance et l’insurrection stricto sensu. Cette réalité est si diversifiée qu’elle mériterait que l’on conjugue le substantif « insurrection » au pluriel pour mieux en rendre compte. Toutefois, par commodité, les formules « insurrection irakienne » ou « mouvement insurgé» renverront ici à la résistance qu’une partie de la communauté arabe sunnite oppose depuis mai 2003, sur une parcelle du territoire irakien, aux troupes de la Force multinationale et aux institutions gouvernementales irakiennes, afin de promouvoir son agenda concurremment à la mise en place du nouveau gouvernement.

Trois ans et demi après son apparition en Irak, le mouvement insurgé semble se trouver dans une situation équivoque. Il perdure mais stagne. Il résiste mais se trouve confiné. Pourquoi?

L’argument développé ci-après est le suivant. La diversité des causes et des buts de l’insurrection reflète une absence d’unité politico-idéologique (I). Elle caractérise un fonctionnement original dépourvu d’unité organisationnelle et directionnelle aux deux niveaux du mouvement et des groupes qui, s’il garantit sa résilience tactique (II), hypothèque dans le même temps ses perspectives de succès stratégique et politique car il la prive de cohésion et porte en germe son morcellement (III).

ISBN : 978-2-922844-54-2
Février 2007
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