Le remodelage du Moyen-Orient : De l’Irak à la Syrie

Par Sami Aoun
Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques | UQAM

La victoire militaire américaine sur l’Irak a conduit tous les acteurs politiques, étatiques et non étatiques du Moyen-Orient à réviser leur position stratégique. À part quelques exceptions, tous les chefs des pays du Moyen-Orient doivent se soumettre à une remise en question après que les États-Unis se soient imposés comme une puissance « ancrée » dans la région. Deux réactions vis-à-vis la mise en place du nouveau gouvernement irakien le 1er septembre 2003, une de la Ligue arabe et l’autre de la Syrie, ont particulièrement retenu l’attention des médias et de la société. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa, a déclaré que c’était là « un pas dans la bonne direction [... et que] tout développement qui vise à confier l’administration de l’Irak à une autorité irakienne » serait accueilli favorablement. De son côté, le ministre syrien des Affaires étrangères, Farouk Al Chareh, a déclaré que son pays était prêt « à traiter avec le nouveau gouvernement dans l’intérêt du peuple irakien ».

Or, l’Irak a été rapidement ébranlé par une vague de violences et d’attentats qui a plongé le pays dans l’insécurité depuis l’été 2003. Ainsi, les assassinats de l’envoyé spécial de l’ONU en Irak, Sergio Vieira de Mello, de l’ayatollah Sayyid Mohammed Baqir al-Hakim, de hauts responsables irakiens de la nouvelle administration, ainsi que les morts quotidiennes de soldats américains, mettent en évidence les difficultés immenses de l’entreprise du nation building que les États-Unis ont amorcée en renversant le régime de Saddam Hussein.

ISBN : 2-922844-42-0
Mai 2005
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